Ariane Boukerche

Ă€ t'attendre

Suivez-moi car sonne ici le temps du retour.
Bientôt la sage Pénélope va coucher
Sa patiente vertu sur ce front désiré
Mêlant vos chers coeurs de volupté et d’amour.

Approche, et entraîné par l’appel des tiens,
Tu te confiras dans les bras attendus de l’épousée.
Car l’endurance du Héros doit prendre fin
Au creux du mariage tendrement conservé.

Tes pas lâchés avec allégresse vers ta conquête
Goûte donc aux réchauffements conjugaux.
Vos deux poitrines fumées de plaisir
s’allécheront de nouveau au sein du foyer.

Consomme ce corps-là qui d’avance
se graisse d’envie de s’étendre pour toi.
Écoute, ta moitié se mûrit à t’attendre
Laisse-toi aller et prends-la.

L’affinage est à terme.
Viens donc pétrir ces chairs
à l’appétit vanné
d’être mis au rebut.

Relâche tes sirops de panse.
Ils salivent de dégripper
les gorges baveuses de bobonne.

Et voilĂ  vos appas tournent et triturent
la pitance. Elle cocottent déjà
le relent des vieilles recettes.

Et lĂ ,

pleine de muqueuses
barbouillées,
la pâte rend,

bourgeonne la viande,
et bientĂ´t, le coeur gros,
dégueule.

Mais Ulysse s’assèche là, vers l’horizon qui fermente.